JOURNAL

Message de la lettre lacanienne

Le 8/02 2006

Chers Collègues,

Lors de notre réunion des 5/02/06, les membres de la lettre lacanienne, une école de la psychanalyse ont pu prendre position par rapport aux récents textes législatifs. L'unanimité des présents s'est faite autour de quelques principes.
•  L'association ne saurait former des psychothérapeutes puisque l'éthique de la psychanalyse écarte toute visée a priori.
•  Aucun diplôme ne saurait être préalable ni davantage garantir une pratique.

La lettre lacanienne s'inscrit pleinement dans la démarche tentée par le « manifeste pour la psychanalyse » et ne saurait participer à la concertation du ministre de la santé prévue le 20 février.
Vous trouverez ci-dessous la déclaration que nous faisons parvenir au ministère de la santé et qui sera publiée dans le journal Le monde.
Bien cordialement

Pour le bureau de la lettre lacanienne
Son président
Guy Lères

 

Déclaration de la lettre lacanienne, une école de la psychanalyse

Les récents textes législatifs ne semblent pas concerner l'exercice de la psychanalyse. Ils la situent pourtant sous la variante de psychothérapie analytique, dans le cadre général des psychothérapies où elle ne saurait se reconnaître.
La lettre lacanienne, une école de la psychanalyse entend préciser sa précédente déclaration du 15 mai 2004.
La demande de cure n'est pas univoque. Freud avait déjà attiré l'attention sur le fait que la demande de guérison recouvrait le plus souvent une volonté inconsciente de ne rien changer. C'est pourquoi l'analyste orientera le patient plutôt vers une recherche de son Inconscient, que vers ce dont il se plaint. Pierre angulaire de sa pratique, la « technique de l'association libre » va dans ce sens. Celle-ci vient en contradiction de tout but fixé a priori : guérison ou formation.
La psychanalyse doit pouvoir se déployer dans le temps, une durée pré-établie aurait pour effet d'entamer sa dynamique.
La finalité d'une analyse excède ses effets thérapeutiques. Elle est d'abord une question au plus intime de chacun. Mais ce n'est que par cette voie qu'elle peut atteindre quelques généralités quant à l'humain. En retour, la psychanalyse ne saurait être appréhendée sous la seule tutelle de la santé publique, alors que son expérience et sa théorie peuvent féconder des champs aussi divers que la médecine, l'éducation, le social et même le politique.
L'analyse constitue une expérience profonde, qui peut-être amènera le patient à être analyste à son tour. La décision de se proposer comme analyste pour d'autres ne peut s'imposer qu'en fin d'une très longue cure, souvent reprise.
La formation de l'analyste doit pouvoir le conduire à occuper cette place que lui désigne son patient. Une professionnalisation initiale ne peut y constituer un pré-requis, pas plus qu'un titre universitaire.
Le psychanalyste ne pourra pourtant être ignorant de psychopathologie. Mais il devra articuler ce qu'il y aura appris à une culture plus générale, scientifique, culturelle, artistique, sans que la liste n'en soit ni obligatoire ni fermée.
L'association garantit une formation complémentaire grâce aux séminaires, cartels, présentations cliniques, ainsi que le dispositif de la passe et le contrôle.
C'est ce travail intensif qui fait école, en ce que l'effet n'en cessera plus pour le praticien. Celui-ci sera alors amené à son tour à récuser toute prescription d'un but ou d'une guérison, qui entrerait en contradiction avec les exigences de l'analyse.
L'association La lettre lacanienne, une école de la psychanalyse , en cohérence avec ses options fondamentales, et en accord avec « le Manifeste pour la psychanalyse », ne peut pas assurer une formation de psychothérapeute si elle s'applique à poursuivre la transmission de la psychanalyse.

Message de : La Lettre lacanienne, une école de la psychanalyse.


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